Le Palais Bourbon est habitué aux joutes oratoires, mais la session nocturne de ce jeudi a atteint un sommet de tension rarement vu ces derniers mois. Ce qui devait être un débat technique sur des amendements climatiques s’est transformé en un duel idéologique féroce entre une gauche écologiste offensive et un Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National, plus incisif que jamais. Le point de rupture ? L’utilisation du terme “carbo-fasciste” pour qualifier les positions du RN, une attaque qui a déclenché une contre-offensive dévastatrice.

Tout a commencé lorsque les rangs de la gauche ont pris la parole pour fustiger ce qu’ils appellent le “climato-scepticisme” du Rassemblement National. Citant pêle-mêle des déclarations de cadres du parti comme Guillaume Bigot ou Thomas Ménager, l’opposition a tenté de lier la stratégie du RN à une vision archaïque, voire complotiste, de la crise climatique. La députée à l’origine de l’intervention n’a pas mâché ses mots, allant jusqu’à évoquer une alliance internationale de “carbo-fascistes” incluant l’AfD allemande et Donald Trump.

Selon elle, le RN resterait figé dans les positions historiques de Jean-Marie Le Pen, considérant le réchauffement climatique comme une simple “arnaque”. Cette sortie, manifestement préparée pour marquer les esprits et circuler sur les réseaux sociaux, visait à discréditer totalement le “Plan Marie Curie” défendu par le parti de Marine Le Pen pour la décarbonation de la France.

Loin d’être déstabilisé, Jean-Philippe Tanguy a attendu son tour avec un calme apparent avant de livrer une réponse cinglante. “Il est 23h58, la journée commence pour les Verts”, a-t-il ironisé , avant de balayer d’un revers de main les éléments de langage de son adversaire. Pour le député de la Somme, l’utilisation de termes comme “carbo-fascisme” relève de la “carbo-connerie” pure et simple, une surenchère verbale qui cache, selon lui, un vide abyssal en matière de propositions concrètes.
Tanguy a immédiatement recentré le débat sur les réalités économiques et souverainistes. Il a accusé ses opposants de vivre dans un “monde parallèle” et de refuser systématiquement de lire les propositions détaillées du RN. “Essayez une fois dans votre vie de lire vraiment ce que propose le Rassemblement National au lieu d’inventer des choses”, a-t-il lancé avec véhémence.
Le cœur de l’argumentation de Jean-Philippe Tanguy a porté sur la dépendance énergétique de la France. Rappelant que le pays dépend à 40 % du pétrole et du gaz, il a souligné que cette situation est le bilan des gouvernements successifs et non celui de son parti, qui n’a jamais exercé le pouvoir national.
L’attaque la plus virulente a concerné les ressources naturelles du sol français. Le député a affirmé que la France dispose de “milliards d’euros sous ses pieds” en ressources fossiles. Selon lui, refuser d’exploiter ces ressources par pure idéologie écologique oblige la France à importer massivement son énergie de pays comme le Qatar, les États-Unis ou même la Russie, malgré les sanctions en vigueur. “Vous financez nos adversaires au lieu d’utiliser ces milliards pour financer la transition française”, a-t-il martelé, pointant du doigt une forme de schizophrénie politique qui appauvrit les Français tout en servant les intérêts étrangers.
L’intervention s’est conclue sur une accusation lourde : celle de la soumission à une propagande orchestrée par des “groupuscules financés par Greenpeace” et des intérêts allemands ou américains. Pour Tanguy, l’écologie politique française actuelle n’est rien d’autre que la “propagande du parti de l’étranger”
Ce moment de vérité a laissé une partie de l’hémicycle dans un silence pesant. Au-delà de l’affrontement partisan, ce débat soulève une question cruciale pour l’avenir du pays : comment concilier l’urgence climatique avec la nécessité absolue de souveraineté énergétique et de pouvoir d’achat ? Pour les partisans du RN, la réponse se trouve dans l’exploitation des ressources nationales pour financer le passage au nucléaire et aux énergies de demain. Pour ses détracteurs, c’est un retour en arrière dangereux.
Quoi qu’il en soit, cette séquence restera comme l’une des plus marquantes de la session, illustrant parfaitement le fossé infranchissable qui sépare aujourd’hui deux visions radicalement opposées de la France et de sa place dans le monde.
Tout a commencé lorsque les rangs de la gauche ont pris la parole pour fustiger ce qu’ils appellent le “climato-scepticisme” du Rassemblement National. Citant pêle-mêle des déclarations de cadres du parti comme Guillaume Bigot ou Thomas Ménager, l’opposition a tenté de lier la stratégie du RN à une vision archaïque, voire complotiste, de la crise climatique. La députée à l’origine de l’intervention n’a pas mâché ses mots, allant jusqu’à évoquer une alliance internationale de “carbo-fascistes” incluant l’AfD allemande et Donald Trump.
Selon elle, le RN resterait figé dans les positions historiques de Jean-Marie Le Pen, considérant le réchauffement climatique comme une simple “arnaque”. Cette sortie, manifestement préparée pour marquer les esprits et circuler sur les réseaux sociaux, visait à discréditer totalement le “Plan Marie Curie” défendu par le parti de Marine Le Pen pour la décarbonation de la France.