Peter Kürten, connu dans l’histoire criminelle allemande comme le « vampire de Düsseldorf », demeure l’une des figures les plus effrayantes du XXe siècle. Né en 1883 à Cologne, il grandit dans un environnement marqué par la violence domestique, la pauvreté et les abus. Très jeune, il manifeste une fascination morbide pour le sang et la cruauté envers les animaux, prélude à une trajectoire criminelle qui allait bientôt plonger l’Allemagne dans la terreur.

Dans les années 1920, Düsseldorf devint le théâtre de ses crimes. Entre 1929 et 1930, Kürten s’en prit à des victimes sans défense, souvent des femmes et des enfants. Ses attaques combinèrent brutalité et sadisme. Il étranglait, poignardait ou mutilait ses victimes, et parfois il buvait leur sang, ce qui lui valut son surnom macabre. L’horreur que suscitaient ses crimes fut amplifiée par son intelligence et sa capacité à se fondre dans la société. Contrairement à l’image d’un criminel marginal, Kürten savait se montrer charmant et gagner la confiance de ceux qui l’entouraient.
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La police allemande, déjà en difficulté à cause des tensions sociales de l’époque et de la montée du nazisme, fut déstabilisée par cette série de meurtres. La presse se saisit de l’affaire, multipliant les titres sensationnalistes. Les habitants vivaient dans la peur, et chaque nouvelle attaque renforçait le climat d’angoisse. Ce n’est qu’après l’arrestation de Kürten en mai 1930, grâce à la dénonciation de sa propre épouse à qui il avait fini par se confier, que la vérité éclata.

Durant son procès, il se montra froid et calculateur. Ses aveux glaçants, détaillant non seulement les meurtres mais aussi le plaisir qu’il éprouvait à boire le sang de ses victimes, marquèrent durablement les esprits. Il expliqua que ce geste lui procurait une excitation sexuelle intense. L’opinion publique, déjà horrifiée par la cruauté de ses actes, fut sidérée par ce mélange de sadisme et de perversité. Condamné à mort, il fut exécuté par guillotine à Cologne en 1931.

Ses derniers mots avant l’exécution restent l’un des éléments les plus dérangeants de l’affaire. Il demanda s’il pourrait entendre le son de son propre sang couler après la décapitation, ajoutant que ce bruit serait « le plaisir ultime ». Cette phrase, aussi macabre qu’obsédante, renforça la légende noire du « vampire de Düsseldorf ».
Après son exécution, la tête de Kürten fut conservée et disséquée à des fins scientifiques. Des chercheurs souhaitaient comprendre ce qui pouvait pousser un homme à de tels excès de cruauté. Aujourd’hui encore, son crâne momifié est exposé dans certains musées criminologiques, rappel macabre d’un passé où science et fascination morbide se confondaient.
L’histoire de Peter Kürten illustre la frontière fragile entre l’humanité et la monstruosité. Ses crimes, son procès et son exécution ne cessent d’alimenter les récits sur la psychologie criminelle et les profondeurs les plus sombres de l’âme humaine. Le « vampire de Düsseldorf » reste ainsi une figure à la fois repoussante et énigmatique, symbole d’un mal radical qui défie toute explication rationnelle.