L’Assemblée nationale est souvent le théâtre de joutes verbales acharnées, mais ce qui s’est produit lors de la récente séance de commission restera gravé comme un moment de basculement symbolique. Dans une atmosphère électrique, le député de La France Insoumise (LFI), David Guiraud, et le stratège du Rassemblement national (RN), Jean-Philippe Tanguy, se sont livrés à un affrontement d’une intensité rare, mêlant accusations de trahison et métaphores cinglantes.

Tout commence par une charge frontale de David Guiraud. Connu pour son style incisif, le député insoumis s’est lancé dans une oraison funèbre prématurée du Rassemblement national. Avec une ironie mordante, il a présenté ses condoléances aux membres du parti à la flamme pour la mort du RN en tant que force d’opposition. Selon Guiraud, le RN aurait définitivement intégré la coalition gouvernementale de Michel Barnier, citant comme preuves leur absence d’opposition sur la flat tax et l’impôt universel.
L’accusation est lourde : le RN serait terrifié par la perspective d’une dissolution et privilégierait sa survie politique au détriment de la justice fiscale.

David Guiraud ne s’est pas arrêté là, raillant la maigreur des rangs de la majorité présidentielle qu’il a comparés, avec une pointe de mépris, à un bâton Justin Bridou. Pour l’élu LFI, la clarté est faite : le RN est devenu l’assurance-vie d’un gouvernement moribond. Mais c’était sans compter sur la répartie de Jean-Philippe Tanguy, qui a patiemment laissé son interlocuteur fanfaronner avant de déclencher une contre-attaque dévastatrice.

Dès les premières secondes de sa réponse, Jean-Philippe Tanguy a retourné l’argumentation de son adversaire avec une précision chirurgicale. C’est vous qui faites revivre les morts, a-t-il lancé, transformant Guiraud de fossoyeur en nécromancien politique. Le député du RN a rappelé une réalité historique et politique que la gauche radicale tente souvent d’éluder : le rôle du front républicain dans le maintien au pouvoir d’Emmanuel Macron.
Sans vous, monsieur Macron ne serait plus à l’Élysée, a martelé Tanguy, provoquant des remous immédiats dans l’assistance. Il a fustigé la propension systématique de LFI à trahir le peuple lors des élections, une stratégie qui, selon lui, a permis de ressusciter politiquement des dizaines de députés macronistes qui auraient dû disparaître. Poussant la métaphore du réveil des morts jusqu’à l’absurde pour mieux souligner son propos, il a ironisé sur le fait que même Élisabeth Borne devait sa survie politique à la musique des Insoumis.
L’humiliation a atteint son paroxysme lorsque Tanguy a conclu par une formule qui a fait mouche : Aux Insoumis, la Macronie reconnaissante. Par ce renversement de rhétorique, le RN ne se contente pas de nier son allégeance à Michel Barnier ; il accuse directement LFI d’être le pompier pyromane de la Ve République, celui qui crie à l’incendie tout en ayant fourni le carburant pour maintenir le président en place.
Ce duel dépasse la simple anecdote parlementaire. Il illustre la guerre de position brutale pour le leadership de l’opposition. Alors que la France traverse une crise budgétaire et politique sans précédent, chaque camp tente de renvoyer l’autre dans les cordes en le désignant comme le complice du système. En laissant Guiraud s’enfermer dans une posture de donneur de leçons pour mieux le confronter à ses propres alliances passées, Jean-Philippe Tanguy a non seulement remporté une victoire médiatique, mais il a aussi touché un point sensible de l’électorat : la lassitude face aux jeux d’appareils.
L’hémicycle, un instant pétrifié par la violence de l’échange, a ensuite basculé dans un brouhaha de protestations et de rires moqueurs. Ce moment restera comme celui où la stratégie de diabolisation s’est retournée contre ceux qui l’utilisaient. Au-delà des mots, c’est la question de la légitimité populaire qui a été posée.
Qui défend vraiment le peuple ? Celui qui refuse de censurer par tactique, ou celui qui permet l’élection de ceux qu’il prétend combattre ? Le débat est loin d’être clos, mais ce soir-là, c’est bien Jean-Philippe Tanguy qui a eu le dernier mot, laissant David Guiraud face au miroir de ses propres contradictions.
Tout commence par une charge frontale de David Guiraud. Connu pour son style incisif, le député insoumis s’est lancé dans une oraison funèbre prématurée du Rassemblement national. Avec une ironie mordante, il a présenté ses condoléances aux membres du parti à la flamme pour la mort du RN en tant que force d’opposition. Selon Guiraud, le RN aurait définitivement intégré la coalition gouvernementale de Michel Barnier, citant comme preuves leur absence d’opposition sur la flat tax et l’impôt universel.
L’accusation est lourde : le RN serait terrifié par la perspective d’une dissolution et privilégierait sa survie politique au détriment de la justice fiscale.
David Guiraud ne s’est pas arrêté là, raillant la maigreur des rangs de la majorité présidentielle qu’il a comparés, avec une pointe de mépris, à un bâton Justin Bridou. Pour l’élu LFI, la clarté est faite : le RN est devenu l’assurance-vie d’un gouvernement moribond. Mais c’était sans compter sur la répartie de Jean-Philippe Tanguy, qui a patiemment laissé son interlocuteur fanfaronner avant de déclencher une contre-attaque dévastatrice.