“Tu seras à moi ce soir” — Le destin terrifiant des jeunes désignés par les dirigeants du Bloc SS.

« Dans l’enfer des camps, il y avait la faim, le froid et les coups. Mais il y avait un cercle encore plus sombre, un cercle dont personne ne parlait après la guerre : celui de ceux qui étaient privilégiés contre leur gré. On les appelait les « Puppenjungs », les enfants-poupées – de jeunes hommes choisis non pour leur force au travail, mais pour leur beauté. »

On me prend pour un vieux garçon timide. On ignore que je me suis marié en 1944, mais ma femme n’était pas une femme ; c’était un monstre. Et ma robe de mariée était un pyjama rayé bien trop grand. J’avais 17 ans quand je suis arrivé à Buchenwald. J’étais un garçon parisien, fils de boulanger.

J’avais des boucles blondes, d’immenses yeux bleus et une peau qui brûlait au soleil. J’étais, comme disait ma mère, « belle comme un cœur ». À Buchenwald, la beauté n’était pas une chance, mais une malédiction. Les premières semaines furent un véritable calvaire : une faim insoutenable, le travail à la carrière, la peur constante. Je dépérissais sous les yeux de tous.

Mes côtes me transperçaient la peau. Je devenais un « Muselmann », comme on appelait ceux qui étaient au bord du gouffre, prêts à mourir. C’est ainsi que Bruno me voyait. Bruno était le « Blockältester », le chef de bloc, de la baraque 24. Il portait un triangle vert : un criminel selon la common law allemande, un meurtrier libéré de prison pour maintenir l’ordre dans le camp. Il était immense. Il mangeait jusqu’à plus faim.

Il était musclé, avait les joues roses et portait ses bottes cirées comme un roi porte sa couronne. Il détenait sur nous tous un pouvoir de vie et de mort. Un soir, après l’appel, alors que nous retournions, transis de froid, au bâtiment des salles de classe, Bruno s’arrêta devant moi. Je tremblais. Je pensais avoir fait mon lit à la va-vite ou avoir mal marché.

Je m’attendais à un coup de bâton, mais Bruno ne leva pas la canne. Il leva la main. Il effleura ma joue sale de son doigt ganté de cuir. « Tu as froid, Kleiner ? » demanda-t-il à voix basse, presque un murmure. Je ne répondis pas. Répondre aurait pu être fatal. Je baissai les yeux, fixant ses bottes luisantes. Il laissa échapper un petit rire. « Tu es trop maigre. Quel gâchis ! »

« Un type comme ça ne devrait pas finir au four. » Il plongea la main dans la poche de sa veste. Il en sortit quelque chose. Ce n’était pas de l’or ; c’était quelque chose de bien plus précieux. Un morceau de saucisse, un vrai morceau de viande grasse et odorante. L’odeur me frappa de plein fouet. Ma bouche se remplit instantanément de salive.

Mon estomac gargouilla. Bruno me tendit le morceau. « Tiens. » J’hésitai. Au camp, rien n’est gratuit. Si un kapo vous offre à manger, c’est qu’il veut quelque chose en retour. Peut-être veut-il que vous dénonciez un camarade. Peut-être veut-il vous tendre un piège. Mais la faim est plus forte que la raison.

La faim est un animal sans cervelle. J’ai tendu ma main squelettique. J’ai attrapé la saucisse. Je l’ai enfournée dans ma bouche en une seconde, sans la mâcher, l’avalant d’un trait de peur qu’il ne change d’avis. Bruno me regardait manger avec un sourire satisfait. Le sourire de celui qui vient d’adopter un animal de compagnie. « C’est bon ? » a-t-il demandé.

J’ai hoché la tête, incapable de parler. « J’en ai d’autres », dit-il. « J’ai de la soupe, de la vraie soupe avec des pommes de terre et du bacon. Pas de l’eau chaude. » Il s’est penché près de mon oreille. J’ai senti une odeur de tabac et d’après-rasage bon marché. L’odeur d’un homme propre au milieu de la puanteur de la mort.

« Viens dans ma chambre ce soir après le couvre-feu, la chambre des kapo. » Il marqua une pause. « Ne sois pas en retard. Je n’aime pas attendre quand j’ai faim. » Il se redressa, me donna une tape amicale sur l’épaule – une tape qui me fit frissonner d’horreur. Puis il regagna ses quartiers. Je restai là, la langue encore grasse et le cœur soudainement glacé. Je savais ce que cela signifiait. Tout le monde le savait.

Bruno cherchait une nouvelle « Puppenjung », une nouvelle poupée. Sa dernière préférée était morte du typhus la semaine précédente. L’endroit était vide. J’ai regardé autour de moi. Les autres prisonniers me fixaient. Il n’y avait aucune compassion dans leurs yeux. Il y avait de l’envie et du mépris.

« Regardez-le », disaient leurs yeux, « la petite pute de Kapo. » J’avais le choix. Ne pas y aller, rester sur mon matelas de paille, mourir de faim en deux semaines ou être battu à mort pour insubordination ; ou y aller, manger, vivre, et perdre mon âme. J’avais dix-sept ans ; je voulais vivre. Alors, quand le silence s’est abattu sur le bloc, je me suis levé. J’ai traversé la caserne dans l’obscurité.

Autour de moi, des centaines d’hommes dormaient, ronflaient, gémissaient ou mouraient. L’air était glacial, humide, lourd d’une odeur de dysenterie. Mais au bout du couloir, il y avait une porte en bois verni. Une porte qui semblait mener vers une autre dimension. J’ai frappé timidement trois fois. « Entrez ! » J’ai poussé la porte. Le choc fut physique.

Une vague de chaleur me frappa le visage. Une chaleur sèche et enveloppante. Un poêle en fonte ronronnait dans un coin éclairé. Et la lumière… ce n’était pas la lampe nue et pâle de la chambre d’étudiant. C’était une lampe de table, diffusant une lumière jaune, presque intime.

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